Hôpital Vétérinaire Prévost

D’un point de vue félin

Partager cette chronique sur

Ils m’adorent, me nourrissent et me cajolent sans jamais rien demander en retour. Et si l’envie d’en avoir un peu plus me chatouille, je n’ai qu’à leur donner quelques ronrons pour obtenir la lune. J’ai mes meubles favoris, mes jouets et mes rebords de fenêtres baignés du chaud soleil de l’après-midi. Même la décoration a été pensée à mon avantage afin que je puisse me prélasser à mon aise. Je suis bien ici, je suis le roi et eux, mes fidèles sujets qui veillent à mon bonheur. Loin de moi l’idée d’être condescendant, mais avouez qu’ils sont facilement émus par ces quelques prouesses d’affection que je leur offre si singulièrement. Notre relation est constituée de respect, d’autonomie et de sérénité. Tout est prévisible, j’adore ma routine quotidienne.

Mais depuis peu, un drame s’est imposé à mon existence qui jusqu’ici était pour ainsi dire parfaite. Ils ont laissé un intrus envahir mon territoire. Ils ne m’ont pas demandé mon avis, ils en ont fait à leur tête. Il est si petit, mais au combien qu’il prend sa place! Ce nouveau compétiteur ne m’arrive pas à la cheville.  Cette nouvelle menace envahit mes aires de repos, mes bols de nourriture et même ma salle de bain. Quel culot! Il est si chétif et dépendant qu’il obtient de leur part des privilèges qui jusque là m’étaient réservés.  Quel individu se diminuerait à de telles bassesses? Pour conserver une certaine dignité envers ma race, je suis prêt à lui montrer les règles du jeu. Mais avant tout, je dois le mettre à ma main et reprendre le contrôle de mon royaume, affirmer mon ancienneté. Quelques coups de pattes bien envoyés, quelques -+

*surveillées de quelques minutes. On le fait aussi longtemps et souvent que nécessaire. Lorsque la chicane s’installe, on sépare. Évidemment, le nouveau chat doit avoir ses propres bols, sa litière personnelle, ses jouets et un lit. Veillez à réduire au maximum l’effet d’envahissement que pourrait ressentir votre ancien chat. En étant confiant de ne pas perdre ses bénéfices, il ne se comportera pas en animal défensif. La transition et l’acceptation du nouveau visiteur peut prendre quelques temps. Tout dépend de son âge, de son statut (fertile/stérilisé), de son appartenance à votre maison et avouons-le, de son orgueil personnel! Mais ne vous découragez-pas, la majorité des individus finiront par se tolérer si vous y aller progressivement.

Dre Valérie Desjardins

Hôpital vétérinaire Prévost