Hôpital Vétérinaire Prévost

Éducation canine: Ave Cesar!

Partager cette chronique sur

Le 4 novembre dernier, le populaire animateur et dresseur de chiens Cesar Millan, rendait visite à Montréal. Plusieurs personnes ont assisté à ce spectacle à teneur éducative. Qu’en ressort-il? L’appréciation générale est palpable, le public a adopté Cesar!

Mais qu’en est-il des vétérinaires? Malheureusement, l’opinion médicale n’est pas aussi favorable à certaines de ses pratiques dites dépassées et même controversées. Et ce n’est pas la première fois qu’un regroupement de professionnels de la santé animale se mobilise pour dénoncer ses théories. L’an passé, L’American Veterinary Society of Animal Behavior a également pris position et  dénoncé vivement ses techniques de soumission axées sur la domination complète de l’animal. Suite à cette visite, ce fut au tour de L’Association des médecins vétérinaires du Québec de prendre parole.

Lorsqu’il s’agit de dresser votre animal, le premier réflexe est de se diriger vers une école de dressage. Ces établissements regroupent des gens qualifiés ayant suivis une formation technique appropriée. À l’heure actuelle, les courants d’éducation sont basés sur le renforcement positif, c’est-à-dire d’offrir une récompense alimentaire ou physique après un comportement désiré. Ce type d’éducation est simple, positif et agréable pour tous. Il initie les bonnes habitudes, encourage le libre-arbitre de votre animal et l’amène à respecter des règles dans un état d’âme équilibré et serein.

Toutefois, lorsque vous adoptez un animal plus âgé empreint de mauvaises habitudes ou pire, qui a développé une manière inadéquate de répondre à une situation, il se peut que les écoles de dressage vous offrent une aide limitée. Ce qui est important de réaliser est qu’un animal affecté de mauvaises habitudes chroniques se retrouve à graviter autour d’humains qui n’apprécient pas ses actes et qui le désapprouvent continuellement. L’animal ressent au quotidien une pression sociale qui ouvre la porte au développement d’angoisses et de stress néfastes à ses futurs agissements. C’est un peu comme une mine, prête à sauter à tout moment! C’est pourquoi le service d’un vétérinaire spécialisé en comportement animal vous est alors recommandé. Le spécialiste a toutes les connaissances médicales de base propres à un vétérinaire diplômé en plus d’une formation en comportement animal de 3 ans environ. Il sera en mesure de prendre en charge des cas plus lourds, imprévisibles ou qui bénéficieront d’une thérapie médicale temporaire (anti-anxiolytiques) greffée à une thérapie comportementale. L’accent est mit sur la modification des réponses comportementales par le renforcement positif, mais surtout sur la sécurité des êtres qui côtoient cet animal souffrant psychologiquement. Chaque cas est unique et sera adressé différemment selon l’état d’âme et le niveau d’anxiété ressenti par l’animal.

Voilà ce que L’Association des Vétérinaires du Québec désapprouve dans l’approche de Cesar. Prôner l’utilisation de techniques générales quelquefois brusques, axées sur la soumission radicale d’animaux déjà fragilisés dans leur psychique est discutable. Il est possible d’arriver à de bons résultats autrement qu’en revêtant le manteau de la peur et de la domination. L’idée n’est pas de réfuter tout son savoir, mais plutôt de remettre en perspective que certaines de ses techniques démontrées ne sont pas recommandées à tous les cas comportementaux.

Dre Valérie Desjardins

Hôpital vétérinaire Prévost