Hôpital Vétérinaire Prévost

Les désordres compulsifs canins; une percée dans la compréhension de ces troubles

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Récemment, dans une revue vétérinaire réputée, la Faculté de médecine vétérinaire de St-Hyacinthe s’est illustrée en publiant les résultats étonnants de ses deux études rétrospectives sur les désordres compulsifs canins. En effet, les résultats tendent à démontrer que ces troubles trouvent plus souvent leur origine dans la présence de maladies gastro-intestinales occultes et non-diagnostiquées que dans un comportement psychologique anormal chez l’animal.

D’abord, par définition, un désordre compulsif doit être présent depuis un certain temps, posséder un caractère de répétition et même affecter la qualité de vie de l’animal ou des propriétaires en gênant les autres activités normales quotidiennes. Laissez-moi vous résumer brièvement les résultats démontrés dans ces deux études.

La première étude s’est penchée sur 19 chiens étudiés pendant 32 mois pour un trouble de léchage compulsif de surfaces inappropriées (plancher, objets) ou corporel. Tous ces chiens ont subi une série complète de tests (échographie, endoscopie intestinale, biopsies du système digestif et  analyses sanguines et fécales). Les résultats démontrent que 14/19 souffraient d’une maladie intestinale inflammatoire chronique, de pancréatite chronique et même de la présence d’un corps étranger chez 1 sujet! Sur les 5 derniers animaux, 4/5 chiens ont démontré une amélioration flagrante de leur comportement grâce à l’introduction d’une nouvelle nourriture contre les allergies joint à des anti-acides occasionnels.

La deuxième étude a travaillé sur le trouble de Fly bitting (chasser des mouches invisibles ou mordre l’air) sur 7 chiens affectés en moyenne depuis 2 ans avant le début de l’étude. Les chiens ont été filmés 2 heures après leur repas et durant les périodes dites anormales. Ils ont subi la même série de tests énumérés ci-haut. Tous les chiens ont été diagnostiqués avec un trouble physique gastro-intestinal et même 1 chien avait une malformation neurologique au niveau de la base de la nuque expliquant un inconfort évident è se pencher la tête lors des repas. 6/7 des chiens ont amélioré leur condition grâce è un traitement médical. Ce trouble semble donc tirer son  origine d’un inconfort lors des repas ou lors de la digestion.

Que peut-on en conclure? Et bien, comme nos animaux ne peuvent verbaliser leur inconfort lors des repas ou durant leur digestion, il est important à la lumière des plus récents résultats d’observer une démarche diagnostique globale et large. Comme je dis souvent à mes clients, nous nous devons de vérifier le physique avant le psychologique. Sachez tout de même que les troubles psychologiques primaires existent, mais ces résultats d’études corroborent bien qu’il est nécessaire de rester ouvert aux autres possibilités. Si votre chien a tendance à reproduire un trouble anormal, n’hésitez pas à en parler avec votre vétérinaire puisqu’un grand nombre de ces maladies digestives sont chroniques et évoluent lentement, mais sans jamais disparaitre. Et quelquefois, un petit changement pourra aider votre animal en évitant que tout cela fasse boule de neige.

Valérie Desjardins

Hôpital vétérinaire Prévost