Hôpital Vétérinaire Prévost

Le rôle du médecin vétérinaire; au-delà de la santé animale…

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Lorsque j’étais étudiante à la Faculté de médecine vétérinaire, j’ai été mise en contact avec le domaine de la santé publique. Il est obligatoire pour un futur vétérinaire d’être sensibilisé au rôle qu’il doit tenir face à la protection de la santé humaine, en lien avec les maladies à caractère zoonotique que l’animal peut lui transmettre. Et il semble que plus le temps avance, plus ce domaine prend une importance accrue.

Nous n’avons qu’à penser aux différentes grippes de type influenza (aviaires, porcines) qui inquiètent chaque année les populations. La méconnaissance des conditions d’élevage optimales auprès des peuples moins nantis est souvent suffisante pour l’éclosion de ces crises virales de préoccupation mondiale. La surpopulation, les conditions d’abattage douteuses, les manques reliés à la salubrité des carcasses et le stress des animaux sont souvent à l’origine de l’éclosion de ces virus.

Nous pouvons aussi songer aux maladies dites vectorielles (maladie de Lyme, erhlichiose, anaplasmose) qui sont directement liées au contact de l’animal parasité par des tiques (vecteur) qui les rapportera  à son propriétaire. La tique entrera sur le territoire de l’humain qui augmente alors son risque de se faire piquer à son tour. L’humain est très sensible à ces maladies, or l’animal l’est un peu moins. Toutefois, l’animal a un mode de vie plus à risque pour en contracter. Son pelage est également un frein à leur détection précoce. Heureusement qu’il existe des médicaments efficaces pour enrayer dans un court délai la tique attachée à votre animal et faire en sorte qu’elle ne puisse faire d’autres victimes secondaires.

La rage, la leptospirose et la toux de chenil sont également des pathogènes viraux et bactériens  pour la santé animale et humaine qui sévissent de manière cyclique dans nos régions. Heureusement, ces conditions peuvent être prévenues grâce à la vaccination de votre animal.

Certaines conditions dermatologiques sont aussi fréquemment diagnostiquées chez l’animal (teigne, gale, puces) et sont contagieuses pour les humains.

De manière plus commune mais souvent sous-estimée, les animaux nouvellement adoptés se doivent d’être vermifugés contre les parasites gastro-intestinaux les plus fréquents.  Les parasitoses digestives ne sont aucunement liées à la propreté des lieux, la provenance, l’âge ou le coût d’achat de votre animal. Ces conditions peuvent être très imprévisibles pour santé de l’adulte ou de l’enfant qui les développent.

Il existe aussi des exemples zoonotiques de nature alimentaire. Il peut toujours exister un risque relié à la contamination de la viande animale ou des sous-produits destinés à notre alimentation (listériose, E. Coli, salmonellose, maladie de la vache folle..). Pour ceci, le MAPAQ effectue son travail de surveillance continue grâce aux vétérinaires. Mais lorsque vous prenez la décision de donner vous-même de la viande crue à votre animal, ce dernier aura des risques accrus de vous transmettre des bactéries non-éradiquées par la cuisson de l’aliment (campylobacter, E.Coli, Salmonella, clostridium, parasites) et toute la famille sera atteinte.

Il est important de saisir que la manière dont vous protégez votre animal aura une influence directe  sur votre propre santé. S’il est bien vacciné, vermifugé, nourri et que vous contrôlez ses contacts avec les autres animaux domestiqués ou sauvages, vous améliorez sa santé mais également la vôtre. Notre contact très intime avec les animaux nous oblige maintenant à réaliser notre responsabilité dans cette situation. Et lorsque nous dérogeons aux bonnes règles d’hygiène de vie ou de salubrité recommandées, nous en payons inévitablement le prix.

Dre Valérie Desjardins, m.v.